L’équipe d’Appartenance Mauricie est composée des historiennes Kate Grenier et Andréanne Jalbert, de l’archiviste Marilyn Côté, de l’agente administrative Céline Goulet et du président Mario Lachance.
L’équipe d’Appartenance Mauricie est composée des historiennes Kate Grenier et Andréanne Jalbert, de l’archiviste Marilyn Côté, de l’agente administrative Céline Goulet et du président Mario Lachance.

L’histoire en 500 000 négatifs

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
«Le fonds illustre la mémoire mauricienne. C’est ce qui fait sa richesse. On a un trésor entre les mains et on veut le partager.»

Mario Lachance est visiblement heureux qu’Appartenance Mauricie soit le dépositaire de nombreuses archives du Nouvelliste. Non seulement l’organisme qu’il préside possède les microfilms des éditions du quotidien régional, il est aussi le dépositaire de 500 000 négatifs ayant illustré, à travers les pages du Nouvelliste, toute l’histoire de la région.

Les négatifs remis à la société d’histoire régionale couvrent de 1940 à 1965 et de 1980 à 1995. Les archives photographiques de la période comprise entre 1965 et 1980 ont été remises à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Le photographe Roland Lemire était à son compte durant cette période.

«Le fonds couvre une grande période et a une grande couverture géographique», dit Kate Grenier, historienne d’Appartenance Mauricie.

«Le fonds est intéressant, car ça couvre des sujets variés comme le sport, la politique. On voit aussi des photos de la vie quotidienne des gens», estime sa collègue historienne, Andréanne Jalbert.

L’objectif d’Appartenance Mauricie est de rendre ces photos disponibles à la population. Déjà 40 000 négatifs ont été traités et mis en ligne sur le site web de l’organisme.

«La conservation des négatifs a été bien faite. C’est très bien classé: par reportage, avec une description de l’événement et l’année. Il faut entrer ces informations dans des bases de données et ce sont des dizaines de milliers de données à entrer une par une», mentionne Marilyn Côté, archiviste d’Appartenance Mauricie.

«C’est un travail de moine, ajoute M. Lachance. Nous avons 40 000 négatifs numérisés et diffusés. Mais pour arriver à classer les 500 000 négatifs, ça va prendre entre 10 et 15 ans.»

Les gens qui consultent le site d’Appartenance Mauricie pour visionner des photos peuvent constater que celles-ci sont de grande qualité même si les négatifs sont très vieux. Les négatifs datant de 1940 jusqu’à 1960 mesurent chacun environ 10 cm sur 12 cm (4 pouces sur 5 pouces). C’est la raison pour laquelle il est possible d’isoler un élément sur la photo tout en conservant une qualité d’image.

Travail de conservation

Le transfert numérique des négatifs du Nouvelliste est une tâche qui exige du temps et de la minutie, mais Appartenance Mauricie doit aussi s’occuper de leur conservation. Ceux qui sont dégradés sont nettoyés. Tous les négatifs sont manipulés avec soin et seront rangés dans une voûte à température contrôlée.

«Un disque dur a une durée de vie de cinq ans. Il faut les faire rouler. C’est la même chose pour les serveurs. Rien ne remplace la pièce d’origine», ajoute Mme Côté.

Nostalgie et découverte

Les productions à caractère historique ont la cote au Québec depuis de nombreuses années. Selon les spécialistes d’Appartenance Mauricie, la nostalgie joue un rôle important dans cette affection pour les photos anciennes, mais celles du Nouvelliste démontrent aussi tout le chemin parcouru depuis des décennies.

«D’habitude, les fonds que nous avons sont concentrés sur un sujet, une usine, par exemple. Ce que nous avons (le fonds du Nouvelliste) couvre l’ensemble de la région», raconte Mme Jalbert.

«Le monde évolue tellement vite, indique Mme Grenier. Les gens aiment ça, ça leur rappelle leur enfance. Pour les gens plus âgés, c’est de la nostalgie. Mais pour les plus jeunes, c’est pour découvrir.»

«La Mauricie a beaucoup changé en 50 ans. On dirait que c’est un autre monde qu’on découvre», souligne Mme Côté.

D’après Mario Lachance, la civilisation actuelle met beaucoup l’accent sur l’image. L’intérêt porté à des ouvrages historiques repose possiblement sur une volonté de retrouver ses racines.

«On est dans une période d’instantanéité, de fausses nouvelles. Les gens sont à la recherche d’une certaine identité.»

Appartenance Mauricie et Le Nouvelliste s’associent pour produire un livre soulignant le centenaire du journal. Abondamment illustré, ce livre racontera l’histoire du journal et celle de la région.

Le livre devait être lancé le 30 octobre 2020, 100 ans après la fondation du Nouvelliste. Le tout est reporté d’un an.