Sylvain Dupuis est le propriétaire de l’Imprimerie Giguère.
Sylvain Dupuis est le propriétaire de l’Imprimerie Giguère.

Le numérique, allié et ennemi

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Le milieu de l’imprimerie a durement été touché par la popularité grandissante du numérique. Mais l’Imprimerie Giguère a décidé de prendre cette réalité à bras le corps et de profiter des avantages des nouvelles technologies.

Cette imprimerie fait partie de la vie économique de Louiseville depuis 1898. Elle a été fondée par J.A. Giguère. La famille Giguère a cédé l’entreprise à Denis Dupuis et à Jacques Chevalier en 1978. M. Dupuis est devenu propriétaire unique en 1981. Depuis 2014, c’est le fils de Denis, Sylvain Dupuis, qui dirige les destinées de cette imprimerie juste assez grande pour réaliser des projets majeurs et juste assez petite pour être capable de réagir rapidement lorsqu’une commande de dernière minute arrive d’un client pressé.

«On imprime des livres, des factures, des dépliants, des chèques. On fait aussi des signets funéraires, des menus de restaurant, on fait des contrats pour les écoles, le municipal. On fait aussi de l’impression sur des tasses, des pochettes de presse, des étiquettes», énumère M. Dupuis.

Toute cette production existe depuis des décennies grâce à une clientèle très fidèle à l’équipe de l’Imprimerie Giguère. L’entreprise a toutefois dû faire face à l’arrivée d’un compétiteur inattendu à travers son évolution.

«Mon plus bel allié a été mon plus grand ennemi : l’informatique. Ici, j’imprimais des chèques à coup de 10 000. Avec le dépôt direct, ça a tombé. Mais le numérique a aidé dans le processus d’impression. Au lieu d’imprimer avec le procédé quatre couleurs, on imprime à partir du numérique. Ça m’a sauvé, car on pouvait être plus compétitif et plus rapide.»

La compagnie compte six employés affectés aux travaux d’imprimerie, de conception graphique et d’administration, un personnel fidèle et responsable, souligne M. Dupuis. La réputation de l’entreprise fait en sorte que les clients habituels sont toujours au rendez-vous.

Mais l’imprimerie reçoit aussi des commandes... d’autres imprimeries en raison de sa rapidité d’exécution.

«Le milieu des presses a énormément changé. La technologie a beaucoup avancé, avec des presses sans plaque. Notre problème est la relève de personnel. On a de la misère à trouver des pressiers. On a besoin de pressiers numériques. L’avenir est sur le numérique.»

La récession de 2008 a été sévère, mais le marché s’est replacé par la suite, si bien que l’entreprise avait bonne allure jusqu’à ce que la pandémie de COVID-19 arrive. Cette situation a amené Sylvain Dupuis à faire l’aller-retour entre son bureau et l’atelier. Il remet parfois son tablier de pressier pour aider son équipe à traverser cette nouvelle période plus difficile.

«La situation financière de l’entreprise est bonne. Je pense qu’il va toujours y avoir du papier. Un livre restera toujours un livre.»