Le Nouvelliste dans la toponymie: dix lieux publics pour 100 ans d'histoire

François Roy
Collaboration spéciale
La toponymie, c’est l’histoire au coin de la rue. Sans blague. Regardez autour de vous: une dizaine de lieux publics de Trois-Rivières vous racontent l’histoire du Nouvelliste. Suivez le guide!

Commençons par le commencement, c’est-à-dire la petite rue qui porte le nom de J.Alfred Cambray dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Cet avocat madelinois était propriétaire d’une imprimerie et d’un journal nommé Le Trifluvien. En 1920, il cède tous ses actifs à un hommes d’affaires de Québec qui réalise son projet d’un quotidien grand public baptisé Le Nouvelliste. Ce patron de presse a laissé son nom à une rue de chez nous: «J.H.Fortier».

Joseph-Hermann Fortier peut financer et administrer un journal, mais il sait aussi s’entourer. Dès le début des années 20, il recrute trois hommes de confiance. Chacun aura une rue à son nom : le directeur-gérant Émile Jean, le rédacteur en chef Hector Héroux et le gérant du tirage Laurent Paradis. Les trois feront au Nouvelliste une carrière de plus de trente ans, traversant une crise économique majeure et une guerre mondiale.

Parmi les longues carrières, on relève aussi celle d’Hervé Biron. Écrivain, historien, tour à tour éditorialiste et rédacteur en chef, il a une artère à son nom derrière le centre commercial Les Rivières, à côté des rues J.H.Fortier et Émile Jean. Comme quoi la toponymie réunit parfois de vieux amis...

Plus près de nous, les journalistes Claude Mongrain, Jean-Paul Arseneault et Claude Savary ont laissé leur marque dans la toponymie locale. Claude Mongrain faisait dans le sport et loisir: un aréna porte son nom. Jean-Paul Arseneault donnait plutôt dans la ligne à pêche et la ligne ouverte: une rue porte son nom, de même que le belvédère de l’île Saint-Quentin. Claude Savary fréquentait le palais de justice, où la salle de presse porte son nom, de même qu’un parc près de son domicile.

Le dixième toponyme réfère à un personnage qui a connu une fin tragique : Claude Masson, président-éditeur, patron de presse engagé, mort dans un accident d’avion. Lors de son passage parmi nous, il avait lancé une campagne de promotion sous le thème : «Ma région, je l’ai à cœur». Et la région n’a pas oublié Claude Masson.

En fait, c’est le premier but de la toponymie: être la mémoire d’une ville.

Nouvelliste et toponymie à Trois-Rivières


Rues

  • Rue Claude-Masson
  • Rue J. Alfred-Cambray
  • Rue J.H-Fortier
  • Rue Émile-Jean
  • Rue Hector-Héroux
  • Rue Laurent-Paradis
  • Rue Hervé-Biron
  • Rue Jean-Paul Arseneault (le belvédère de l’île Saint-Quentin porte aussi son nom)


Aréna

  • Aréna Claude-Mongrain


Parc

  • Parc Claude-Savary