Jean Grenier, Éric Bordeleau et Lauryane Grenier.
Jean Grenier, Éric Bordeleau et Lauryane Grenier.

Dynamiteur, un métier qui fascine

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Malgré les techniques qui se raffinent au gré des années qui défilent, le métier de dynamiteur conserve ce côté mystérieux qui pique la curiosité des gens, selon Lauryane Grenier.

Mme Grenier représente la quatrième génération de la même famille à la tête d’une compagnie de dynamitage et de forage à Shawinigan. Fondées en 1911, les Entreprises Élie Grenier ont longtemps exploité une carrière de pierre dans la partie nord de la ville. L’orientation de la compagnie familiale a changé dans les années 1960, alors que les volets construction résidentielle et génie civil ont davantage été développés. La compagnie peut être appelée autant pour des travaux sur des chantiers routiers que pour aider un propriétaire d’une maison à aménager un sous-sol dans le roc.

«On va dynamiter pour passer une conduite d’aqueduc, on va forer dans le roc pour des ancrages de tours de télécommunications, on intervient dans des constructions de piscine. Au parc national de la Mauricie, le dynamitage, c’est nous. On était là au début du parc», énumère Mme Grenier, adjointe à la direction de la compagnie qu’elle possède avec son conjoint, Éric Bordeleau.

Selon Mme Grenier, les techniques de travail d’aujourd’hui permettent de dynamiter tout près d’une structure existante sans endommager celle-ci.

«Quelqu’un qui veut agrandir sa maison, mais qui est sur le roc, on va dynamiter. On peut dynamiter à six pouces de la maison. On a des techniques avec des matelas de dynamitage. On a des sismographes pour calculer les vibrations. Au pont Trudel (à Shawinigan), on a fait du dynamitage en 2019. Tu ne veux pas faire sauter le pont! Il y a eu des inspections de toutes les fissures pour ne pas être à l’origine de nouvelles fissures. Le dynamitage, c’est l’affaire de mon conjoint et mon père, Jean. On a développé une expertise au fil des ans. Ce ne sont pas des travaux que n’importe quel dynamiteur peut faire. Mais on fait aussi des travaux plus légers comme faire sauter une roche dans un chemin forestier ou un contrat dans une carrière. Ça, c’est facile.»

Les techniques de forage ont aussi évolué avec le temps. Si le marteau-piqueur était l’instrument de prédilection à l’époque, la foreuse hydraulique s’est ajoutée à la liste des équipements.

L’exercice des métiers de dynamiteur et de foreur est encadré par des règles de sécurité qui ont elles aussi évolué au fil du temps. Mais la vocation première de la compagnie fondée par Élie Grenier est intacte, précise Lauryane Grenier.

«Être la quatrième génération à la direction de la compagnie est une source de fierté. Il y a sentiment d’appartenance. Des entreprises centenaires, il n’y en a pas beaucoup et on en est très fiers.»