La directrice générale du Collège Notre-Dame-de-l’Assomption, Mylène Proulx.
La directrice générale du Collège Notre-Dame-de-l’Assomption, Mylène Proulx.

Collège Notre-Dame-de-l’Assomption: se démarquer par l’innovation

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Lorsque la direction du Collège Notre-Dame-de-l’Assomption a lancé en 2004 le programme un élève, un ordinateur, elle était loin de se douter que cette initiative des Sœurs de l’Assomption allait marquer le monde de l’éducation 16 ans plus tard avec la pandémie de COVID-19.

L’enseignement à distance a été un passage obligé pour de nombreuses écoles au cours des derniers mois, imposant des investissements massifs dans la fourniture d’ordinateurs. Cette manière de fonctionner fait toutefois partie des mœurs de cette école secondaire privée de Nicolet depuis des années, rappelle la directrice générale, Mylène Proulx.

«On a été les premiers en région avec ce programme. Pour l’enseignement à distance, on est dans les tops. On est dans les premiers à utiliser la technologie. On a été avant-gardistes, car il fallait se démarquer dans la région. Les sœurs étaient visionnaires, elles n’avaient pas peur d’embarquer là-dedans», mentionne celle qui a amorcé sa carrière au CNDA en 1991 comme enseignante.

Fondé en 1872 à Nicolet, le CNDA a été durant de longues années une école réservée aux filles. La qualité d’enseignement a fait la réputation de l’école dotée d’un pensionnat très populaire jusqu’à il y a une trentaine d’années. La diminution graduelle observée au cours des années suivantes a incité la direction à faire preuve d’innovation en lançant, en 2015, son service de pensionnat pour les élèves étrangers qui vivent à temps plein à l’école.

«Durant mes débuts au CNDA, on a monté jusqu’à 200 pensionnaires. Ça a baissé à 50. On a posé la question à savoir si on ouvrait le pensionnat à l’international ou si on le fermait. Notre collège est ouvert à la clientèle internationale. On a des élèves qui viennent de la Côte d’Ivoire, de la République du Congo, du Rwanda, de la France, du Mexique. Il y a une demande grandissante pour l’international. Le Canada est bien coté à l’extérieur du pays, le système scolaire québécois a bonne réputation et le CNDA offre une qualité d’enseignement et un encadrement avec le pensionnat.»

Le pensionnat accueille 90 élèves. Habituellement, 45 proviennent de l’étranger. Le CNDA en compte actuellement 35, car plusieurs élèves sont toujours en attente de leur permis d’étude, une situation attribuable à la COVID-19.

Mme Proulx souligne l’apport des religieuses dans l’investissement consacré il y a une quinzaine d’années pour remettre l’école aux normes. Le pensionnat a entre autres été rénové. Depuis 2011, il est ouvert aux élèves masculins, eux qui ont fait leur arrivée au collège quatre ans plus tôt, ce qui constitue un autre changement notable dans l’histoire de cette école.

À l’instar d’autres écoles privées dirigées par des congrégations religieuses, la relève institutionnelle s’est amorcée en 2005 au CNDA. Les religieuses ont cédé le collège à une corporation laïque en 2017, soit à la même période durant laquelle certains bâtiments du campus ont été démolis. Le personnel enseignant est entièrement laïque depuis 2014.

Entre 300 et 325 élèves fréquentent annuellement le CNDA, selon la directrice générale, soit une centaine de moins qu’il y a 10 ans. La situation financière de l’école est bonne, d’autant plus que la remise aux normes effectuée par les religieuses a permis d’améliorer le système de chauffage, un poste budgétaire important pour toute grande bâtisse.

«Nos dépenses sont en fonction du nombre d’élèves et on arrive. On n’a pas de roulement de personnel. Quand on entre au CNDA, on ne le quitte plus. Des collègues qui avaient quitté sont revenus à cause de l’ambiance, de l’esprit d’équipe, de l’esprit de famille. C’est dans notre philosophie. Que tu sois une personne à l’administration ou un professeur, on forme une équipe. C’est ça, notre force.»