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Le Nouvelliste depuis 1920

Vers le 100e: Information en pleine évolution

Parfois, on ne réalise pas sur le coup qu’on est en train de vivre un moment important, historique même. En 2009, quand le directeur de l’information Michel Saint-Amant m’a donné une caméra vidéo et un micro pour couvrir la finale opposant les Cataractes de Shawinigan aux Voltigeurs de Drummondville, je n’y voyais qu’un autre défi pour la journaliste multitâche que je suis. Puis, du haut de la galerie de presse du Centre Marcel-Dionne, j’ai réalisé que je vivais un moment dont je me souviendrais toute ma vie. Au-delà du match enlevant qui se déroulait sous les yeux de milliers de spectateurs enthousiastes, je participais à la transition numérique que le journal prenait.

Depuis, les choses ont grandement évolué. Les photographes se chargent de la captation des images (qui sont de meilleure qualité!) et le multimédia fait partie de la routine quotidienne du journal. L’information est pensée différemment, bonifiée de compléments et livrée sur les multiples plateformes avec une rigueur qui elle, a toujours été au cœur des préoccupations de ses artisans des 100 dernières années.

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Vers le 100e: Dans le feu de l’action

Heure de tombée: 23 h 30. Soir après soir, depuis 100 ans, l’équipe du pupitre du Nouvelliste s’affaire à préparer le montage de votre journal afin qu’il vous soit livré chaque matin. Et on y est toujours parvenu. Or, il y a des soirées qui ont été plus mouvementées que d’autres, où on a senti la pression monter un peu plus qu’à l’habitude.

Parfois c’est l’actualité qui nous joue des tours. Un accident qui survient passé 22 h, par exemple, ou une soirée chargée au conseil municipal feront monter l’adrénaline en nous.

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Vers le 100e: Un drame qui marque

En décembre 2001, le photographe Stéphane Lessard se rend sur les lieux d’un accident survenu tout près de chez lui. L’appel initial parle d’une perte de contrôle suivie d’une collision frontale. La réalité sera beaucoup plus marquante.

Une mère de famille qui amenait ses deux enfants à l’école primaire de Yamachiche avait dérapé sur une plaque de glace noire avec sa voiture avant de se retrouver en sens inverse et d’être percutée par un véhicule. Sur le coup, la maman et son jeune garçon de 7 ans perdent la vie. Le grand frère de 8 ans est encore en vie à l’arrivée des secours.

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Vers le 100e: La photo qui mène loin

Lorsqu’on lui demande de nous parler d’un moment marquant de sa carrière, le photographe du Nouvelliste Sylvain Mayer ne peut s’empêcher de penser à ce soir de février 2000 où il a été appelé à aller couvrir un incendie mortel à Notre-Dame-du-Mont-Carmel... pour découvrir en arrivant sur les lieux que son beau-frère et sa belle-soeur étaient les victimes de ce brasier. Mais sans minimiser cet événement marquant, c’est davantage vers une anecdote positive qu’il souhaitera nous amener. «Parce que c’est incroyable à quel point une photo peut nous faire faire du chemin», confie-t-il.

Le 27 novembre 2000, Jean Chrétien est réélu premier ministre du Canada. Son discours de la victoire sera prononcé à partir de l’Auberge des Gouverneurs à Shawinigan, peu après minuit. La photo que Sylvain Mayer fait du couple Jean et Aline Chrétien à ce moment-là passera à l’histoire pour le photographe. «On avait publié la photo en une, et Aline Chrétien l’avait vraiment aimée. Quelques jours plus tard, j’ai eu un appel du 24 Sussex. Aline Chrétien voulait me parler. Elle voulait m’acheter la photo et m’a invité à venir au 24 Sussex pour la lui remettre», se souvient le photographe, qui a finalement été invité à une cérémonie officielle lors de cette soirée, où il devait porter l’habit de gala.

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Vers le 100e: La compassion au-delà de l’assignation

Être photographe de presse implique bien souvent devoir se forger une carapace, un écran entre nous et le sujet que l’on couvre. Une capacité essentielle pour pouvoir effectuer le travail. Mais à l’été 2007, lorsqu’il a été appelé à couvrir, pendant des jours, les recherches entourant la disparition de Cédrika Provencher, le photographe François Gervais n’a jamais été capable de trouver ce détachement.

«Chaque jour, c’était difficile parce qu’on pensait à ses parents, à ses proches. On a toujours eu énormément de compassion pour eux. On avait un travail à faire mais en même temps, on appartient à la communauté. Ça se passe dans notre ville et c’est impossible de demeurer insensible», constate François Gervais.

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Vers le 100e: Quand la photo fait le combat

Quand il couvre un événement sportif, rien n’échappe à l’oeil aiguisé du photographe Olivier Croteau. C’est d’ailleurs au Nouvelliste qu’il a pu développer sa passion pour le sport, passion qui l’a également amené à travailler aux quatre coins de l’Amérique du Nord pour différentes revues de sports d’hiver, notamment. Mais l’une de ses assignations les plus marquantes reste encore à ce jour le fameux combat L’Heureux-Cadieux, au printemps 2006 à l’aréna Jacques-Plante de Shawinigan.

Ce combat qui est passé à l’histoire réunissait dans le ring les deux poids lourds de la Mauricie, David Cadieux et Patrice L’Heureux, comme combat vedette d’une soirée de boxe enlevante, où le titre de champion canadien des poids lourds était en jeu. Pour Olivier Croteau, il s’agissait de son tout premier combat de boxe à titre de photographe.

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Vers le 100e: Ça change des vies

Trois-Rivières — L’anecdote qui lie l’écrivain, conteur, homme de théâtre, entrepreneur mais aussi directeur général de Culture Shawinigan Bryan Perreault au Nouvelliste est délicate à raconter parce qu’elle implique l’auteur de ces lignes. Elle est cependant trop savoureuse pour la taire.

Personne n’a jamais mis en doute l’attachement du gentil géant pour sa région. Non seulement l’a-t-il toujours habitée même si ses engagements professionnels l’entraînaient un peu partout en province, mais c’est là qu’il a basé ses assises professionnelles. C’est à Shawinigan qu’il a situé la maison d’édition qu’il a fondée, Perro Éditeur, là qu’il a ouvert sa librairie, Perro Libraire, là aussi qu’il s’est lancé dans l’aventure de la restauration.

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Vers le 100e: Comme dans un roman

On sait que Le Nouvelliste est une source quotidienne d’information pour énormément de Mauriciens mais il est aussi source précieuse pour les chercheurs et artistes qui y trouvent inspiration comme informations. L’écrivaine trifluvienne Louise Lacoursière l’incarne éloquemment.

«J’ai évidemment un attachement pour Le Nouvelliste qui fait partie de ma vie, analyse-t-elle, mais il y a un lien très fort qui s’est créé à un moment précis. J’ai carrément trouvé dans la une du lundi 2 octobre 1922 ma conclusion pour mon livre Anne Stillman. Le procès. C’est un épisode spectaculaire que j’ai découvert dans le journal qui m’a fait écrire tout un chapitre que je trouve absolument enlevant.» Avec son talent de narratrice, elle résume cet article. «C’est un journaliste du Nouvelliste qui se rend à Grande-Anse pour annoncer à Mme Stillman qu’elle a gagné son procès. Il embarque sur un bateau de Jean Crête pour remonter la rivière et en route, croise un autre bateau qui s’avère être celui de Mme Stillman qui descend la rivière pour se rendre à Grandes-Piles. Ils se font de grands signes et font arrêter chacun leur bateau.»

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Vers le 100e: Affronter la tempête

Louiseville — Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, est bien connu pour être un excellent collaborateur avec les médias. Que les nouvelles soient positives ou négatives, il répond généralement toujours présent pour commenter l’actualité et parler au nom de sa municipalité. Et quand ça touche à sa propre réputation, il fera quand même face à la musique.

En mars 2017, Le Nouvelliste découvre une vidéo sur laquelle le maire Deshaies avait été filmé à son insu, et dans laquelle il laissait sous-entendre qu’il consommait du cannabis et qu’il était impatient qu’on légalise cette substance pour pouvoir fumer dans son bureau. «J’ai assez hâte qu’ils légalisent. Je vais pouvoir fumer tranquille. Sans me faire achaler. Là, il faut que je me cache. Je me cacherai pu. Dans le bureau du maire, paf!», pouvait-on entendre sur cette vidéo.

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Vers le 100e: À hauteur... d’éditorial

Nicolet — En octobre 2016, Geneviève Dubois est élue par acclamation à la mairie de Nicolet. Quelques jours plus tard, Le Nouvelliste allait publier un éditorial marquant pour elle, un texte intitulé «Un modèle nommé Geneviève».

«Plusieurs femmes en politique municipale sont des exemples de ténacité, de résilience, de courage, de longévité. Souhaitons que Geneviève Dubois, qui siégeait déjà à un comité de l’UMQ sur les femmes et la gouvernance locale, devienne elle aussi un exemple de compétence et de détermination. Histoire d’inspirer plusieurs autres femmes et plusieurs autres jeunes à faire le grand saut», écrivait l’éditorialiste Martin Francoeur.

Cahier spécial

Prendre un enfant dans ses bras...

Trois-Rivières — Jean-Pierre Jolivet a fait la manchette du Nouvelliste à maintes reprises lors de son passage en politique. Il se souvient entre autres de cette soirée de 1976 où il avait été élu pour la première fois pour le Parti québécois. Par contre, un souvenir brille particulièrement fort dans le fond de sa mémoire. Un souvenir immortalisé par le photographe Sylvain Mayer en 1999 et publié en une du Nouvelliste le lendemain. Ce cliché le représente avec la petite Marion Martel-Moreau dans ses bras.

La jeune fille est atteinte d’une lésion cérébrale et les traitements par hyperoxygénation pointaient à l’horizon comme une lueur d’espoir. Comme elle n’avait pas été retenue pour le projet pilote réalisé dans des hôpitaux de Montréal, Nicole Fugère-Jolivet, la conjointe de M. Jolivet, avait mis en branle une campagne de financement.

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Vers le 100e: La démission qui avait fait jaser

Nicolet — En juin 1990, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, démissionnait du Parti progressiste-conservateur après l’échec de l’Accord du Lac Meech. Si la nouvelle était passée pratiquement comme un entrefilet de faits divers dans les médias nationaux, elle avait fait grand bruit dans la région. Et c’est par Le Nouvelliste que le député avait pu prendre le temps de s’expliquer à ses électeurs.

L’échec de l’Accord du Lac Meech, on le sait, aura mené à la fondation du Bloc québécois. Toutefois, lors de sa démission, Louis Plamondon n’avait pas claqué la porte pour aller siéger au Bloc québécois, qui n’existait pas encore. Il s’est retrouvé député indépendant pendant un certain moment. Une décision qu’il a dû justifier à plusieurs de ses électeurs.

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Vers le 100e: Au cœur du brasier

Tout au cours de l’histoire du Nouvelliste, ses journalistes ont été témoins des catastrophes naturelles qui ont touché la région. Au printemps 2010, la Mauricie a connu les plus importants feux de forêt de son histoire récente. Durant des semaines, les quelque 1500 personnes de la communauté atikamekw de Wemotaci ont été évacuées à La Tuque. En poste en Haute-Mauricie depuis seulement neuf mois, ces événements ont été marquants pour le jeune journaliste que j’étais.

Le 27 mai 2010, alors que je suivais l’évolution des feux de forêt sur le vaste territoire forestier de la Haute-Mauricie, j’ai reçu un appel de mon patron au milieu de l’après-midi. Les feux de forêt allumés par la foudre quelques jours auparavant près de la communauté autochtone de Wemotaci avaient pris de l’ampleur... beaucoup d’ampleur. Le monstre était né et dévorait tout sur son passage.

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Vers le 100e: La naissance d’une politicienne

Par où commencer? Marc Saint-Germain qui s’envoie dans le décor, provoquant ainsi la mort de quatre collègues en perfectionnement sur l’alcootest à l’Institut de police de Nicolet? L’incendie du Gosier? L’automne invraisemblable des Cataractes en 2000? L’annonce de la fermeture de la Belgo?

En trente ans de carrière, pas besoin de réfléchir trop longtemps pour voir apparaître une longue suite d’événements marquants pour un journaliste. Celui que j’ai finalement décidé de vous partager touche la naissance politique de celle qui allait sans doute devenir la femme la plus influente de l’histoire de région.

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Vers le 100e: Un moyen de reconnaissance

Trois-Rivières — Sylvie Tardif ne peut s’empêcher de s’enflammer quand on lui demande de raconter des anecdotes concernant Le Nouvelliste. De son grand-père qui y était typographe en passant par ses oncles qui effectuaient également cette tâche d’une autre époque, à son habitude de lecture qui remonte à l’aube de son adolescence, le journal fait partie de son ADN. Ce qui ressort principalement de son affection pour son quotidien régional, c’est la reconnaissance qu’il apporte à toute une communauté.

Cette reconnaissance n’est pas qu’une perception. Elle a été constatée par Jocelyne Lamoureux qui menait une étude chez Comsep. «Les participants mentionnaient qu’ils avaient passé dans Le Nouvelliste et que ça avait une grande importance pour eux. La chercheure mentionnait que le fait d’être reconnus par Le Nouvelliste leur avait amené une grande valorisation. La couverture de projets sociaux aide à améliorer l’estime des gens qui sont en difficulté», mentionne la coordonnatrice chez Comsep. Plus encore, lors de l’incendie qui a ravagé les locaux de l’organisme le 16 janvier 2004 et qui a pratiquement tout réduit en cendres, elle souligne le soutien des médias régionaux dans cette épreuve. «LE fait qu’ils nous ont couverts et qu’ils nous ont pas lâchés. Le tout Trois-Rivières organisait des activités pour nous aider et Le Nouvelliste était là. Autant pour couvrir les cennes noires que les étudiants de l’UQTR nous avaient donnés que pour les soupers spaghettis organisés par d’autres. Ils nous ont permis, Le Nouvelliste et les médias régionaux, d’aller chercher plus de 600 000 $ en dons. Il y avait eu des bailleurs de fonds qui ont participé mais le fait que les médias régionaux s’étaient associés à nous pour couvrir tout ce qu’on faisait, ça nous a permis d’avoir cet argent et d’acheter l’école dans laquelle on est présentement.»

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Vers le 100e: La parole d’un père

«Martin, il y a un monsieur qui veut absolument te parler.»

La voix de Gilberte Gendron, sympathique adjointe au rédacteur en chef du Nouvelliste pendant des lustres, résonne dans mon oreille comme si c’était hier. Et pourtant, cet appel logé à mon domicile remonte au 12 février 1999. J’étais en congé, ce jour-là. Mais je ne pouvais ignorer l’appel logé par Jean-Pierre Courtois.

Cahier spécial

Vers le 100e: La quête de vérité

C’était en janvier 2016. Pas besoin de faire des recherches pour m’en rappeler. Je me souviens exactement de l’endroit où j’étais quand j’ai entendu ce message sur ma boîte vocale qui allait marquer ma courte carrière de 4 ans à ce moment-là. J’entends encore la voix tremblante d’un père en deuil, d’une famille qui criait à l’injustice, de parents qui nageaient dans une mer de questions sans réponse.

Le lendemain, je rencontrais un père et une mère qui venaient de perdre leur fils dans un tragique accident quelques mois auparavant.

Cahier spécial

Jean Chrétien ou faire partie de l’histoire...

Peu de quotidiens régionaux peuvent se vanter d’avoir eu sur leur territoire de couverture un premier ministre du Canada. Ce fut pourtant le cas du Nouvelliste avec Jean Chrétien. Et plus d’une fois, nos chemins se seront croisés au fil des années, laissant son lot de souvenirs impérissables.

Il est vrai que la première fois que je l’ai vu en personne, c’était au début des années 80 alors que j’étais étudiant en sciences pures au Cégep de Shawinigan. Cabaret en mains, il était venu s’asseoir à quelques chaises de moi à la cafétéria. C’était possiblement dans le contexte de la campagne référendaire.

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Vers le 100e: «Un outil incontournable»

Bécancour — Ensemble, ils cumulent 44 années à la mairie de Bécancour, soit près de la moitié de l’âge du Nouvelliste. Tant pour Jean-Guy Dubois que Maurice Richard, l’histoire du quotidien régional est associée de près à leur propre histoire.

«Notre relation remonte aux années 50: la cueillette du Nouvelliste dans la boîte aux lettres, près du chemin, était un geste quotidien dans mon Bécancour natal. Pour mon oncle Ulric, Le Nouvelliste était son lien privilégié avec le monde et il prévenait Marie-Anne de ne surtout pas oublier le renouvellement à son abonnement», se plaît à raconter le premier magistrat actuel.

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Vers le 100e: Jean Chrétien… et pourtant !

Quand il s’est présenté à son local de la 5e à Shawinigan, le soir du 25 octobre 1993, acclamé par des électeurs en délire après s’être difficilement frayé un chemin à travers eux pour prononcer son discours de victoire, Jean Chrétien n’était pas peu fier de son succès.

Il redevenait député de Saint-Maurice et en même temps, premier ministre du Canada.

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Vers le 100e: Un certain 30 octobre

30 octobre 1995. Le Nouvelliste célèbre son 75e anniversaire. Mais les journalistes ont bien d’autres préoccupations en tête.

Je m’apprête à vivre une des journées les plus intenses de ma jeune carrière de journaliste amorcée un an plus tôt au bureau de Shawinigan. C’était jour de référendum. J’avais 6 ans lors de la grande et longue question référendaire de 1980 et très peu de souvenirs en tête. Je pouvais enfin vivre ce que nos vieux confrères journalistes avaient vécu avec fébrilité 15 ans plus tôt.

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Vers le 100e: La Tripap et moi

«Le glas sonne.» C’était le titre de la page une du 1er juillet 2000. Le sol s’ouvrait sous les pieds d’environ 210 travailleurs. Pour une deuxième fois en près de 7 ans, la Tripap allait fermer ses portes. En 1992, c’était 1100 travailleurs qui avaient dû faire une croix sur leur gagne-pain avant que l’usine soit relancée grâce au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ). Mais cette fois, c’était la fin. J’étais allée parler au syndicat, au maire, à des employés. Ça parlait d’espoirs déçus, d’incertitude, de mur de briques en pleine figure…

Depuis que Le Nouvelliste flirte avec la faillite, je pense souvent aux travailleurs de la Tripap. Je me demande si le diable n’est pas sorti de son trou à Shawinigan un moment donné pour jeter un sort à toute l’industrie du papier: les scieries, les moulins et maintenant le produit fini: le journal. Après les travailleurs qui produisaient le papier, voilà que c’est ceux qui écrivent dessus qui sont dans la tourmente.

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Vers le 100e: Cédrika, l’histoire encore inachevée

Le 31 juillet 2007, je travaillais comme journaliste de soir. Comme à mon habitude, j’ai téléphoné aux policiers avant de terminer pour savoir si quelque chose de particulier s’était produit sur le territoire cette journée-là. «Rien à signaler Paule, bonne soirée!» Je suis donc rentrée chez moi. Quelques minutes plus tard, la disparition d’une fillette de 9 ans leur était signalée...

Difficile de résumer en quelques centaines de mots la disparition de Cédrika Provencher et son impact dans la vie de tous les citoyens de la région, y compris dans la vie des journalistes qui ont eu à couvrir cette triste histoire. Le matin du 1er août 2007, mes confrères et moi nous sommes tous retrouvés confinés à un petit bout de terrain privé, situé à l’intersection du boulevard des Chenaux et de la rue Chapais. C’est là qu’on y attendait les nouvelles les plus fraîches des policiers, espérant un dénouement rapide et qu’on ramène au plus vite la petite à ses parents.

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Vers le 100e: Le sondage qui a tout changé

Shawinigan — Les politiciens claironnent que les sondages ne veulent rien dire, mais dans le cas de Michel Angers, celui publié dans l’édition du Nouvelliste du 1er novembre 2008 a changé sa vie.

Nous sommes alors à un an des élections municipales et ça grouille pas mal à Shawinigan. Le mécontentement au sujet du leadership de Lise Landry met beaucoup de pression sur la mairesse, qui ne donne pas encore d’indice sur sa volonté de se présenter pour un cinquième mandat.

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Vers le 100e: Partenaires pour le re-150e

Trois-Rivières — Soyons honnête: il y des jours où on se demande où en serait Le Nouvelliste sans Fred Pellerin tellement le conteux de Saint-Élie s’y retrouve souvent. Il faut dire que son hyperactif succès aux mille facettes impose beaucoup d’obligations de parler de lui.

Il garde dans tout ça un épisode privilégié de collaboration avec le quotidien régional qui le fait encore franchement rigoler quelques années plus tard. Il est vrai que l’anecdote est gratinée. Retournons en 2016, année qui suivait les fêtes du 150e de Saint-Élie. Dans un conte qui terminait le spectacle symphonique sur les Plaines à Québec à la fin de l’année du 150e anniversaire du village, Fred relatait qu’on avait tellement célébré le temps des Fêtes en 1920 que toute l’année qui a suivi a été un immense lendemain de brosse dont les souvenirs sont demeurés au mieux très flous, pour ne pas dire inexistants chez les Caxtoniens. Dans les circonstances, on devait à la vérité de rayer cette année 1921 du calendrier, ce qui revenait à dire que le vrai 150e anniversaire de Saint-Élie devait être célébré l’année suivant les célébrations officielles dans le cadre de ce qu’on a appelé le re-150e.

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Vers le 100e: De toutes les couleurs

«Tu dois en voir de toutes les couleurs au palais de justice». Ce commentaire, je l’entends souvent. Je suis journaliste depuis 27 ans, dont au moins 15 ans aux faits divers, et les neuf dernières années au judiciaire. Alors oui, j’en ai vu de toutes les couleurs. Quant à trouver l’épisode le plus marquant: l’exercice est impossible tant chaque drame humain est unique.

J’ai vu des enfants et des adultes, raconter péniblement, en pleurant, comment ils ont été abusés, violés, maltraités, battus, abandonnés, délestés de leur dignité et marqués au fer rouge par ceux qu’ils aimaient.

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Vers le 100e: La petite histoire d’une serveuse devenue députée

Je ne me souviens plus très bien de ce que je faisais le 2 mai 2011. À part être allé voter. Et encore, c’est parce que la date me le rappelle. Mais je me souviens précisément de ce que je faisais quatre jours plus tard, le 6 mai. Après quelques jours de tentatives insistantes auprès des autorités du Nouveau Parti démocratique, je faisais une entrevue avec celle qui était devenue presque malgré elle députée de Berthier-Maskinongé à la Chambre des Communes. Depuis cette date, j’ai toujours eu l’impression d’être redevable à Ruth Ellen Brosseau. Je ne lui ai jamais dit.

Le soir du 2 mai 2011, c’est le soir de la vague orange. Les trois circonscriptions électorales de la Mauricie passaient aux mains du NPD, comme 56 autres circonscriptions au Québec. L’histoire de la candidate dans Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, avait fait rigoler tout le Québec: la jeune femme alors assistante-gérante dans un pub d’Ottawa, n’avait pas fait campagne, n’avait en fait jamais mis les pieds dans cette circonscription et avait même passé quelques jours à Las Vegas pour célébrer son anniversaire avec des amis, à une semaine de l’élection. Qu’à cela ne tienne: elle a battu le député bloquiste de l’époque, Guy André, par près de 6000 voix.

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Vers le 100e: la coïncidence et le destin

Les centenaires ont toujours droit à une fête. Et de façon générale, ça implique beaucoup de monde. C’est un événement qui nécessite des mois de préparation compte tenu du nombre de générations impliquées. On crée des albums photos, on rédige des hommages et on crée une mise en scène pour que l’anniversaire soit couronné de succès.

Quand on y songe, la démarche n’est pas si différente pour une entreprise. Dans les faits, on planifie les festivités tout en espérant qu’aucune anicroche ne survienne en cours de route.

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Vers le 100e: Fan des caricatures de Delatri

Trois-Rivières — Il est né à Nicolet où il a finalement habité toute sa vie. Il a été maire de cette ville, puis préfet de la MRC Nicolet-Yamaska. Avec de telles responsabilités et une telle implication sociale, on comprend que la lecture quotidienne du Nouvelliste s’est imposée dans le quotidien de Daniel McMahon.

«J’ai grandi avec Le Nouvelliste», raconte-t-il. «Je déjeune avec Le Nouvelliste. Ça a toujours été comme ça.»